Le château ( 27/12/2006 )
Le Château
Le Château de Nointel se construisit en même temps que celui de Versailles et bénéficia du savoir-faire d'élèves des grands maîtres de l' époque,Mansard (pour les bâtiments et les escaliers du parc, Le Nôtre (pour les jardins) Coysevox ( pour la statuaire).
Jean de Turmenyes
voulut une demeure familiale avant tout, il n’y a pas "
d’escaliers d’honneur" sur l’une des façades du
bâtiment ni même à l’intérieur. Ce bel édifice, un peu
sévère, montra d’abord de belles proportions typiquement
XVIIe siècle, le couloir intérieur tout le long de la façade sud en
est un des points indéniables. En effet, la mode de l’époque
était aux riches tentures en cuir de Cordoue (Espagne) et
l’on avait vite remarqué que les couleurs se fanaient si
elles recevaient trop de lumière et de soleil. Aussi, les
architectes de ce temps ayant réfléchi à ce problème,
creèrent ce couloir tout le long des façades sud, protégeant ainsi
les pièces qu’il desservait et particulièrement les tentures
de cuir et les tapisseries en laine.
Le château primitif, orienté Nord-Sud, tout
simple, parfaitement rectangulaire, de 48 mètres de long, 9 de
large et 15 de hauteur au début, était bâti à " l’italienne"
suvant l’ordonnance favorite de Mansard. Lors de sa
construction, il ne s’élevait que d’un étage au-dessus
duquel les combles étaient cachés par des petits murs à balustres.
La longue façade se composait de 7 éléments distincts : au centre,
l’avant-corps avec ses 3 travées soulignées verticalement par
des pilastres; de part et d’autre le bâtiment se prolonge en
2 éléments de 3 travées; ils sont flanqués à leur tour par 2
pavillons latéraux, ceux-ci de 2 travées seulement et mis en valeur
par de larges pilastres, enfin 2 aîles plus basses en avancée sur
la cour pour compléter l’édifice ( les ailes changeront au
cours des années, ainsi que le nombre d’étages et le toît).
Le tout a été couronné par les balustrades du toît à " la Mansard "
reposant sur l’ entablement saillant et rompu seulement par
un large fronton rectangulaire dans lequel s’inscrivent les
armes des Turmenyes ornées d’attributs guerriers. Ces armes
se decrivent comme suit, en termes d’ héraldique "
d’azur à trois larmes d’argent posées deux et une,
accompagnées en chef d’une étoile d’or " ( description
dans le Recueil d’ Armoiries des Maisons Nobles de France de
Gourdon de Genouillac-1860- page 430). Au rez-de chaussée, 15
ouvertures sur chaque façade éclairent la bâtisse, façade nord une
porte centrale et 14 fenêtres, façade sud 3 portes et 12 fenêtres.
Les pièces en enfilade sur toute la longueur du château sont très
claires, chacune ayant une ou plusieurs fenêtres
au nord et autant au
sud.
L’entrée est située au milieu du bâtiment, dans l’axe
de la grande cour sud avec une arrivée de 4 marches peu hautes car
le bâtiment est pratiquement de plain-pied sur cette façade,tandis
que du côté nord, on accède à l’entrée centrale par un
escalier à volée double, à montées convergentes ( escalier en
faux fer à cheval ) qui comporte d’avantage de marches. La
balustrade en demi-cercle qui limite le perron est ornée de 2
groupes de Marmousets. La cour d’ Honneur ( façade
sud ), entièrement close de murs, s’ouvrait au début, sur une
avant-cour par une porte " à la flamande " soutenue par de belles
grilles. De chaque côté de cette porte se trouvait un pilier de
maçonnerie auquel était accolé un petit pavillon destiné au
portier.Chaque pavillon portait, en guise de toît, une énorme
statue de pierre,une sphinge d’inspiration égyptienne ( tête
de femme et corps de lion). Le château et son environnement,
c’est-à-dire son parc et ses communs, ne changèrent pas
jusqu’à la Révolution.
La vie s’y déroulait agréablement pour la famille
Turmenyes, on recevait assez souvent des artistes, des ministres et
des proches du roi Louis XIV. Nointel était un endroit de plus en
plus fréquenté. Après Jean 1er de Turmenyes et ses deux fils Jean
II et Edmée-François, la propriété est achetée conjointement par
Pierre-François Bergeret ( financier de Louis XV) qui acquiert les
bâtiments et le bas du parc et le Prince de Conti qui se
contente du haut du parc et de la forêt.
Les réceptions sont de plus en plus brillantes, les invités
prestigieux, une période légère, insouciante et fort gaie emmène
les nouveaux propiétaires vers un avenir difficile. En effet, la
Révolution arrive, elle éteindra à jamais les fastes de
Nointel.....
En 1787 c’est
le roturier Thomas Ribault qui s’offre la magnifique demeure.
Il mourra en 1792 après avoir fait faire d’énormes travaux.
En effet, il fait construire un étage supplémentaire au château "
lui faisant perdre ses belles proportions XVIIe siècle " et changer
le toît par la même occasion. Heureusement bien conseillé, il garde
les balustres du toît et les fait poser au sol entre le château
lui-même et le grand portail sud, délimitant ainsi une harmonieuse
avant-cour. Il fait aussi déposer dans l’église les deux
frontons portant les armes des Turmenyes qui ornaient les 2 façades
du château (nord et sud). Il a sauvé ainsi certaines parties bien
historiques de Nointel !...
Bien après lui, c’est la famille Béjot qui a possédé le
château de 1816 à 1982 et qui a fait refaire le toît du bâtiment
central dans les dernières années du XIXe siècle, après 1889.Les
derniers descendants de la famille Béjot ont refait faire la
totalité des toîtures ( château et communs de la cour carrée) avec
de belles ardoises espagnoles, prolongeant ainsi la beauté et la
dignité de ce bel ensemble.
Dernier détail, on pense que c’est durant
l’Empire que furent rajoutés, de chaque côté du château, 2
petits pavillons qui ont eu diverses destinations au cours des
années.